Toy Story 5 critique film 2026 : Jesse prend le relais, Pixar tient son pari
Joan Cusack en Jesse, Greta Lee en Lily Pad et Andrew Stanton derrière la caméra : une saga qui n’a pas dit son dernier mot.
En 1995, un garçon de six ans s’appelait Andy. Sa chambre était un territoire où chaque jouet avait un rôle, une place, une hiérarchie. Trente ans plus tard, Andrew Stanton revient dans cette chambre et y trouve quelque chose de nouveau : une tablette. Ce n’est pas une métaphore. C’est le point de départ de Toy Story 5.
Toy Story 5 critique s’impose comme l’un des événements cinéma de l’été 2026. Le film sort en France le 17 juin, deux jours avant les États-Unis. Pixar avance ses pions avec une audace que la franchise n’avait pas montrée depuis le troisième volet : pour la première fois, ce n’est pas Woody qui mène l’enquête.
Jesse au centre : le pari d’Andrew Stanton
Joan Cusack reprend son rôle dans un film qui lui appartient enfin complètement. Jesse est chargée de veiller sur Bonnie, une petite fille de huit ans qui ramène un soir une tablette baptisée Lily Pad. La machine parle. Elle joue. Elle organise les amitiés. Et pour les jouets qui peuplent la chambre depuis des années, elle ressemble à une menace douce et déterminée.
Tom Hanks et Tim Allen sont toujours là, en Woody et Buzz Lightyear. Mais Andrew Stanton a fait le choix de relever le cowboy au rang de personnage secondaire. Comme le résume la critique de 3C Films :
« it really was the first time Woody was not our main character. Woody in this very much is a supporting character. That is Woody’s role in this along with Buzz. »
Ce parti pris donne au film une respiration neuve. Jesse, dans ses certitudes autant que dans ses doutes, incarne une figure de tutelle plus moderne que le cowboy. La relation qu’elle entretient avec Bonnie fonctionne parce qu’elle est moins héroïque, plus fragile, plus ancrée dans le quotidien d’un enfant d’aujourd’hui. Joan Cusack lui prête une voix qui hésite au bon moment. Ce tremblement, les meilleurs personnages Pixar l’ont toujours eu.
Lily Pad : la tablette qui ne fait pas que jouer
Greta Lee prête sa voix à Lily Pad, la tablette qui va fracturer l’équilibre de la chambre de Bonnie. L’actrice de Past Lives et Tron : Ares incarne la machine avec un calme inquiétant, comme si elle avait appris à imiter la bienveillance sans en comprendre le prix.
Ce qui distingue ce cinquième volet de l’attendue fable anti-technologie, c’est le refus du manichéisme. La critique de 3C Films est précise sur ce point :
« The movie does show to you what does that also mean socially? How do kids interact with each other? It’s not just you hanging out and playing anymore. There’s a social system and a structure to it. There are moments and bits of dialogue that I was like : bang on the money. I never even pictured it that way. »
Lily Pad n’est pas un monstre. Elle est un miroir. Le film observe comment la technologie redistribue les liens entre enfants, comment elle réorganise les hiérarchies sociales d’une cour de récréation, comment une tablette peut simultanément isoler et connecter. Ce regard n’est pas nouveau dans la fiction. Il est rare dans un film familial destiné aux moins de dix ans. Pixar fait confiance à son public. C’est souvent là que le studio gagne.
Greta Lee, après la révélation de Past Lives, choisit un rôle vocal qui joue contre son image naturelle, celle de l’actrice de la douceur mêlée à la vulnérabilité. Ici, la douceur est l’arme. C’est un casting qui dit quelque chose.
Conan O’Brien et le premier PG de la franchise
Parmi les nouvelles voix qui entrent dans cet univers cette année, Conan O’Brien se taille la part la plus bruyante. Il incarne Smarty Pants, un jouet électronique lié à l’apprentissage de la propreté. Son personnage est la raison principale pour laquelle Toy Story 5 obtient la classification PG aux États-Unis, une première pour la franchise : les quatre volets précédents étaient classés G, tout public. L’humour potache associé à ce personnage fonctionne. Conan O’Brien a le timing d’un comique de scène et le don de l’autodérision.
Craig Robinson (Atlas, un hippopotame GPS) et Matty Matheson (Dr. Nutcase) complètent une galerie de nouveaux jouets qui représentent le parc technologique des décennies passées, du Tamagotchi à la console portable. Cette généalogie est l’une des trouvailles du film : ce volet ne s’attaque pas uniquement à la technologie d’aujourd’hui. Il trace une ligne, montre que chaque génération a eu son écran, son appareil qui captait l’attention de l’enfant avant de tomber dans l’oubli. Ce n’est pas nostalgique. C’est sociologique.
Les limites du cinquième voyage
Ce cinquième opus ne peut ignorer les failles que le film porte ouvertement. Le premier acte est en désordre. La critique source le résume sans ménagement :
« the first act of this movie is very jumbled because it’s setting up all these different story lines. But in setting all that up, it just feels all over the place. It feels scattered. It feels like the messiest Toy Story movie in terms of writing. »
Le retour du Buzz « défectueux » est la faiblesse la plus visible du scénario. La franchise a déjà utilisé ce ressort plusieurs fois : le personnage perd la mémoire, croit être un vrai astronaute, cherche Star Command. C’était une idée de génie dans le premier film. C’est désormais un réflexe. Tim Allen mérite mieux, et le film le sait à demi-mot.
Rex, Ham, Slinky : les jouets qui ont construit l’affection du public pour la saga passent ici en figurants au sens strict. Une réplique, parfois deux. Le plateau s’est élargi au fil des volets, les contrats de doublage se compliquent avec l’âge des comédiens, et la chambre d’Andy ressemble de plus en plus à un arrière-plan. C’est la rançon du succès, et d’une logique industrielle qui s’emballe.
Certaines logiques narratives liées à la technologie, connexions Wi-Fi et points d’accès mobile, demandent un effort de suspension d’incrédulité que le film n’aide pas toujours à fournir. Pixar a toujours joué avec les règles de son univers. Ici, quelques coutures sont visibles.
Pour les passionnés de casting cinéma et du rapport à la technologie, ce film est un terrain d’étude fascinant : un film qui traite de l’écran tout en restant un produit destiné aux écrans. Cette tension n’est pas résolue. Elle est assumée.
Ce que porte le casting vocal
Joan Cusack a attendu trente ans pour que Jesse soit au centre. La comédienne n’est pas une star au sens hollywoodien du terme. Elle n’a jamais eu le premier rôle dans un blockbuster à grand budget. Et pourtant, dans la peau de Jesse, elle porte ce film avec une économie de moyens remarquable. Sa voix sait se faire plus grave quand le film demande de l’émotion, plus légère quand il demande de la légèreté. C’est exactement ce qu’Andrew Stanton avait besoin.
Greta Lee, elle, rejoint une tradition de guest antagonistes vocaux qui utilisent leur image pour créer un décalage. La tablette a la voix du présent, celle d’une actrice qui incarne le cinéma indépendant contemporain. Pixar a rarement fait un choix aussi précis dans l’opposition sonore entre le camp des jouets et le camp de la technologie.
Pour ceux qui suivent les dynamiques de casting dans les grandes franchises de l’été 2026, cette édition confirme une tendance : les sagas misent de plus en plus sur des acteurs associés au cinéma d’auteur pour insuffler de la crédibilité dramatique à leurs nouvelles recrues. Ce n’est pas innocent.
La figuration vocale du film reste confidentielle. Derrière Rex ou Ham se cachent des acteurs qui vieillissent avec la saga, dont certains ont été discrètement remplacés entre les volets. C’est le propre des grandes franchises animées : les visages n’existent pas, les voix peuvent disparaître sans annonce officielle.
FAQ
Pourquoi Jesse est-elle la protagoniste de Toy Story 5 ?
Pour la première fois dans la saga, Woody cède sa place de personnage principal. Jesse est chargée de veiller sur Bonnie et doit répondre à la menace de Lily Pad. Andrew Stanton a voulu explorer un regard neuf sur les jouets en bouleversant la hiérarchie établie depuis 1995.
Qui est la voix de Lily Pad dans Toy Story 5 ?
Lily Pad, la tablette antagoniste du film, est doublée par Greta Lee, actrice connue pour Past Lives (2023) et Tron : Ares (2025). Un casting qui joue sur le contraste entre la douceur naturelle de l’actrice et le rôle disruptif de la machine.
Qu’est-ce que Smarty Pants dans Toy Story 5 ?
Smarty Pants est un jouet électronique lié à l’apprentissage de la propreté, doublé par Conan O’Brien. Ce personnage est largement responsable de la classification PG du film, la première pour un Toy Story, les quatre précédents étant classés G.
Toy Story 5 est-il classé PG ?
Oui. Toy Story 5 est le premier film de la franchise à obtenir une classification PG aux États-Unis, là où les quatre volets précédents étaient classés G. L’humour potache lié au personnage de Conan O’Brien en est la raison principale.
Quand sort Toy Story 5 en France ?
Toy Story 5 sort en salles en France le 17 juin 2026, soit deux jours avant sa sortie américaine du 19 juin. Le film est distribué par Walt Disney Pictures et réalisé par Andrew Stanton, qui rejoint Spielberg dans le club des réalisateurs qui signent des films familiaux d’exception en 2026.
Ce volet n’est pas le plus sobre de la franchise. Il est peut-être, dans ses meilleures séquences, le plus honnête sur ce que l’enfance est devenue. Jesse prend le relais là où Andy avait laissé une chambre vide. Ce n’est pas une fin. C’est une question posée à l’écran du cinéma : qu’est-ce qu’on transmet, et à qui, quand la tablette répond toujours en premier ?
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