Casting Karma : Guillaume Canet filme Marion Cotillard face à la secte
Thriller psychologique tourné dans le Lot et la Corrèze, Karma arrive en salles le 21 octobre 2026 avec, derrière les têtes d’affiche, un hors-champ de figuration bien de chez nous.
Au printemps 2025, des habitants du Lot ont signé avant de tourner. Pas un contrat de comédien : une clause de confidentialité. On recrutait des figurants autour de Saint-Céré pour un film dont personne ne devait prononcer le titre, derrière des volets clos et des barrières de régie. Les curieux parlaient d’une actrice aperçue le soir, d’un plateau gardé comme un secret de famille, d’un réalisateur qui filmait des processions dans la lumière rase de la Dordogne.
Le secret portait un nom. Le casting de ce Karma signé Guillaume Canet était à l’œuvre, et il faudra attendre Cannes, un an plus tard, pour comprendre ce qui se jouait dans ces villages transformés en décor. Karma sort ce 21 octobre 2026, distribué par Pathé, précédé d’une réputation rare : six minutes d’ovation debout sur la Croisette, pour un film présenté hors compétition.
Un rôle écrit pour Marion Cotillard
Guillaume Canet ne s’en est jamais caché. Le film est né d’une intention simple : offrir à son actrice un personnage qu’elle n’avait jamais joué.
« Ce film, c’est pour Marion Cotillard. »
Guillaume Canet, La Libre, 20 octobre 2026
La phrase dit tout de la mécanique du projet : un cinéaste qui écrit un rôle, puis l’offre comme on offre un défi. Karma est le neuvième long-métrage de Canet et prolonge une longue histoire de travail avec Marion Cotillard, entamée avec Les Petits Mouchoirs en 2010, poursuivie de Blood Ties à Rock’n Roll.
Le contexte, lui, a changé. Le couple a annoncé sa séparation à l’été 2025, un mois après la fin du tournage, par un communiqué commun qui coupait court aux spéculations. Karma reste le dernier film qu’ils auront fait ensemble en tant que couple, et cette donnée pèse sur chaque plan sans que le film ait besoin de l’expliciter. Le scénario, co-écrit avec Simon Jacquet, ramène Canet vers un genre qu’il n’avait plus pratiqué depuis Ne le dis à personne : le thriller.
Le casting international de Karma
La distribution est resserrée et franchement européenne. Marion Cotillard incarne Jeanne, une femme qui tente de refaire sa vie dans un village du nord de l’Espagne auprès de Daniel, lequel ignore tout de son passé. L’acteur argentin Leonardo Sbaraglia joue ce compagnon, moteur d’une seconde moitié de film où l’amour se mue en enquête.
Denis Ménochet, lui, campe Marc, celui qui dirige la communauté sectaire dans laquelle Jeanne a grandi et qu’elle avait fuie. Le comédien, abonné aux rôles de gardien inquiétant, trouve ici une partition de pouvoir et de menace sourde. L’Espagnol Luis Zahera complète le quatuor en Vasquez. Autour d’eux, une image signée Benoît Debie, chef opérateur des films les plus plastiques de Gaspar Noé, et une musique composée par Yodelice.
Ce type de projet, porté par des têtes d’affiche et un plateau français, repose aussi sur une armée discrète : les silhouettes et les figurants qui peuplent les scènes de communauté, les processions, les rassemblements. Un film de secte vit de ses foules. C’est précisément là que le cinéma régional croise le quotidien de celles et ceux qui tentent la figuration cinéma loin des studios parisiens.
Le Lot, la Corrèze, l’Espagne : où Karma a été tourné
Le tournage a démarré le 24 février 2025 à El Port de la Selva, en Catalogne, puis à La Selva de Mar. La partie française s’est concentrée dans le Lot, à Saint-Céré et Saint-Médard-de-Presque, et en Corrèze, à Beaulieu-sur-Dordogne. Canet le disait sur place : il aurait été dommage de ne pas filmer dans des décors pareils.
Pour un territoire, accueillir un long-métrage de cette ampleur n’a rien d’anecdotique. Un plateau, ce sont des hôtels remplis, des commerces réquisitionnés, des régisseurs qui frappent aux portes, et des habitants recrutés comme figurants pour quelques jours de cachet. Saint-Céré, le temps d’un printemps, est devenu un studio à ciel ouvert, avec ses clauses de confidentialité et ses vedettes croisées à la boulangerie.
La France reste une terre de tournages qui irrigue l’emploi local, des comédiens aux techniciens en passant par la figuration. On l’a vu récemment avec une autre fresque française et son recours massif aux silhouettes, raconté dans notre article sur Les Misérables de Fred Cavayé et ses 1500 figurants. Karma joue dans une autre catégorie, plus intime, mais la logique est la même : un film qui descend en région fait vivre tout un écosystème, de l’intermittent du spectacle au commerçant du coin.
Dans un thriller de secte, la figuration ne décore pas, elle fait exister la menace. Il faut des corps pour peupler un dortoir, une assemblée silencieuse, une procession qui avance au ralenti. Ces silhouettes-là ne disent pas un mot et portent pourtant tout le poids d’une scène. Un directeur de casting régional sait que ces visages anonymes, recrutés dans un rayon de quelques kilomètres, décident souvent de la crédibilité d’un plan.
De Cannes aux salles : pourquoi Karma arrive maintenant
La trajectoire de Karma est celle d’un film qui a d’abord conquis les professionnels. Projeté hors compétition au 79e Festival de Cannes le 15 mai 2026, il a déclenché une ovation de six minutes, de celles qui lancent une carrière en salles. La critique a suivi, saluant une Marion Cotillard dans l’un des rôles les plus intenses de sa carrière.
Restait le pari commercial. En sortant Karma ce mercredi 21 octobre, en pleine rentrée culturelle, Pathé vise une fenêtre d’automne où le public français retourne au cinéma pour des œuvres adultes, loin des blockbusters d’été. Le film parie sur un équilibre fragile, entre thriller grand public et drame d’auteur exigeant, que Canet a toujours cherché à tenir. On le constatait déjà avec les distributions événements, comme celle décryptée dans notre papier sur le casting de The Social Reckoning. Un gourou a besoin de fidèles. Un village a besoin de villageois.
Questions fréquentes sur le casting de Karma
Qu’est-ce que le film Karma de Guillaume Canet ?
Un thriller psychologique de 149 minutes réalisé par Guillaume Canet, co-écrit avec Simon Jacquet. Jeanne, soupçonnée de la disparition de son filleul de six ans, se réfugie en France dans la communauté sectaire où elle est née, tandis que son compagnon tente de la retrouver avant la police.
Qui compose le casting de Karma ?
Marion Cotillard (Jeanne), Leonardo Sbaraglia (Daniel), Denis Ménochet (Marc, le chef de la communauté) et Luis Zahera (Vasquez). L’image est signée Benoît Debie, la musique Yodelice.
Où a été tourné Karma ?
En Catalogne espagnole (El Port de la Selva, La Selva de Mar) et en France, dans le Lot à Saint-Céré et Saint-Médard-de-Presque, ainsi qu’en Corrèze à Beaulieu-sur-Dordogne. Le tournage s’est achevé fin mai 2025.
Pourquoi Karma fait-il autant parler avant sa sortie ?
Parce qu’il a reçu une ovation de six minutes à Cannes et qu’il marque le dernier film de Guillaume Canet dirigeant Marion Cotillard, dont il s’est séparé en 2025. Un geste de cinéma autant qu’une page tournée.
Quand Karma sort-il en salles en France ?
Le 21 octobre 2026, distribué par Pathé, après sa première hors compétition au Festival de Cannes le 15 mai 2026.
Reste cette image, au fond, qui résume le projet mieux qu’un synopsis : une femme qui court vers le lieu même qu’elle avait fui, parce qu’il n’y a parfois que dans la gueule du loup qu’on peut encore disparaître. Canet filme ce retournement comme un piège qui se referme. On verra, dès mercredi, si le public mord à son tour.
@JOF
BANDE-ANNONCE OFFICIELLE
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