Cinéma | Critiques
Casting Colonie : le film zombie coréen de Yeon Sang-ho et Jun Ji-hyun

◆ EXCLUSIVITÉ FIGURANTS.COM

Casting Colonie : le film zombie coréen de Yeon Sang-ho et Jun Ji-hyun

Des performers qui réinventent la horde zombie. Une intelligence collective inédite. Un grand film coréen en salle.

FIGURANTS.COM · 29 MAI 2026 · CINÉMA / CRITIQUES

Ils se figent tous en même temps. Des dizaines de corps suspendus dans un couloir d’immeuble, bras tendus, têtes inclinées, à la façon d’une installation artistique qui aurait mal tourné. Un plan large. Le silence. Puis la ruche repart, à quatre pattes, en flips, en contorsions improbables. Ce n’est pas une chorégraphie de clip. C’est une scène de Colonie, le nouveau film zombie coréen de Yeon Sang-ho, et elle suffit à comprendre pourquoi ce film est différent de tout ce que le genre a produit depuis des années.

Colonie — ou Gunch (군체) dans son titre original coréen, terme signifiant à la fois la colonie et l’organisme collectif — est sorti en France au printemps 2026. Autour de lui, un réalisateur qui avait tout à prouver après plusieurs projets décevants, un casting de stars nationales coréennes attendues au tournant, et un travail de figuration et de performance physique qui mérite à lui seul un article. C’est celui-ci.

Yeon Sang-ho, le retour d’un cinéaste à ses fondamentaux

En 2016, Dernier Train pour Busan avait transformé la perception du cinéma coréen à l’international. Film zombie viscéral, émotionnellement dévastateur, d’une efficacité narrative sans pareille, il avait montré qu’un réalisateur pouvait utiliser des infectés pour parler de lutte des classes, de sacrifice et de solidarité. Yeon Sang-ho avait, en quelques séquences de train, réécrit les règles du genre.

Ce qui a suivi fut plus contrasté. La préquelle animée Seoul Station, pas mauvaise mais confidentielle. La suite Peninsula, techniquement spectaculaire mais narrativement creuse. La série Hellbound, révélation puis déception progressive. Le cinéaste semblait chercher sa voie hors des zombies, sans jamais retrouver la même intensité.

Colonie marque son retour. Et ce retour est à la fois une confirmation et une surprise. Confirmation parce que Yeon Sang-ho n’a rien perdu de sa maîtrise des scènes d’action, du rythme, de la capacité à rendre ses personnages attachants en quelques plans. Surprise parce que le film ne cherche pas à imiter Dernier Train pour Busan — il propose quelque chose de fondamentalement différent, formellement et thématiquement. Le passage au grand écran Cinémascope n’est pas qu’une décision technique : c’est une déclaration d’intention, une façon de dire que la figuration au cinéma peut devenir un langage à part entière.

Le casting de Colonie : Jun Ji-hyun et Ji Chang-wook en état de grâce

L’une des forces du film est son casting de Colonie, film zombie coréen résolument ancré dans la culture populaire coréenne. Deux noms dominent.

Jun Ji-hyun d’abord — actrice que le grand public occidental a découverte via My Sassy Girl (2001), comédie romantique coréenne devenue un classique absolu du genre, bien avant la vague Hallyu. Elle incarne ici le rôle principal, et son retour au grand écran après plusieurs années d’absence était très attendu. Sa présence change tout à l’équilibre émotionnel du film : elle apporte une gravité, une économie de jeu, une façon d’habiter le cadre qui tranche avec l’agitation ambiante. Face à la horde et aux éclats de violence, elle reste le point fixe autour duquel le film respire.

Ji Chang-wook est son complément parfait. Acteur formé à la série télévisée coréenne — on l’a vu récemment dans Côté du Mal sur Disney+ —, il est ici au sommet de sa forme physique et émotionnelle. Ses scènes d’action ont une brutalité précise, sans esbroufe inutile. Sa capacité à transmettre une tension intérieure sans l’expliquer en fait l’un des meilleurs acteurs d’action coréens de sa génération.

Autour d’eux, le reste du casting, composé de visages familiers du cinéma et des dramas coréens, fonctionne avec une cohérence remarquable. Yeon Sang-ho parvient, en quelques séquences, à rendre chaque personnage secondaire identifiable, à lui donner une histoire et quelque chose à perdre — ce qui est la condition indispensable pour que les séquences de tension fonctionnent réellement.

Les performers de la horde : quand la figuration devient art

Si l’on devait isoler un élément qui distingue Colonie de tout autre film zombie coréen récent, ce serait les corps. Plus précisément : le travail des cascadeurs, danseurs et performers qui incarnent la horde d’infectés.

« Il faut saluer le travail absolument impressionnant des cascadeurs, danseurs, performers qui incarnent les infectés. C’est probablement l’un des aspects les plus remarquables du long-métrage. »

La façon dont ils se déplacent, se figent, se contorsionnent ou se synchronisent donne parfois l’impression d’assister à un happening — une performance artistique grandeur nature, au sens littéral du terme. Les flips inspirés du hip-hop, les déplacements à quatre pattes coordonnés sur plusieurs dizaines de corps, les pauses collectives en plan large : chacun de ces éléments a demandé un entraînement considérable et une coordination chorégraphique d’une précision extrême. Ce n’est pas de la figuration ordinaire. C’est une discipline à part entière.

Ce choix esthétique n’est pas gratuit. Dans Colonie, les infectés développent une intelligence collective — ils apprennent, observent, tendent des pièges, feignent parfois la mort. Leur comportement physique traduit cette évolution : au début du film, leurs mouvements sont chaotiques et individuels ; au fur et à mesure que leur intelligence collective s’organise, leur chorégraphie devient plus précise, plus synchronisée, plus effrayante. Les performers ne jouent pas des zombies. Ils jouent une ruche.

Ce que Colonie dit vraiment : ruche humaine, ruche numérique

Le titre coréen Gunch est une clé de lecture. Une “colonie” au sens biologique : un organisme composé d’individus distincts qui fonctionnent comme une entité unique. Dans le film, les zombies développent cette logique jusqu’à son terme — plus ils sont nombreux, plus ils deviennent intelligents, plus ils deviennent imprévisibles et dangereux.

« Les infectés ne se contentent plus de courir en hurlant. Ils observent, ils tentent des pièges, ils feignent parfois la mort pour écouter des conversations. »

Mais Yeon Sang-ho ne s’arrête pas là. Il retourne le miroir vers les survivants humains, qui, eux aussi, cherchent constamment la connexion : téléphones, réseaux, informations, messages. Le film pose une question inconfortable et très contemporaine : si les zombies deviennent intelligents parce qu’ils se connectent entre eux et partagent leurs expériences, en quoi les humains sont-ils fondamentalement différents ? Cette résonance avec l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux n’est pas un sous-texte discret — c’est le cœur thématique du projet.

Cela n’empêche pas Colonie d’être un film d’action remarquablement efficace. Le rythme est soutenu, la photographie en Cinémascope est superbe, l’ambiance sonore contribue à l’immersion. On pense, par contraste, à la récente réflexion autour de l’intelligence artificielle au cinéma : Colonie répond à ce débat par l’affirmative du corps réel, du performer en chair et en os. Une démarche similaire animait Backrooms de A24, où les corps en mouvement portaient tout le poids symbolique du film.

Questions fréquentes sur Colonie et son casting zombie coréen

Qu’est-ce que Colonie, le film zombie coréen de 2026 ?

Colonie (Gunch en coréen) est un film zombie réalisé par Yeon Sang-ho, le cinéaste de Dernier Train pour Busan. Il met en scène une horde d’infectés dotée d’une intelligence collective, dans un immeuble immense, avec Jun Ji-hyun et Ji Chang-wook dans les rôles principaux. Le film est sorti en France en salle au printemps 2026.

Qui joue dans Colonie de Yeon Sang-ho ?

Le casting de Colonie réunit Jun Ji-hyun, icône du cinéma et des dramas coréens connue pour My Sassy Girl, et Ji Chang-wook, acteur apprécié pour ses rôles d’action intenses, vu récemment dans Côté du Mal sur Disney+.

Pourquoi les figurants et performers de Colonie sont-ils aussi remarquables ?

Les cascadeurs, danseurs et performers qui incarnent la horde zombie de Colonie réalisent un travail de coordination physique exceptionnel : contorsions, flips hip-hop, déplacements à quatre pattes synchronisés, poses collectives en plan large. La précision de leurs mouvements collectifs évoque une performance artistique grandeur nature.

Comment Colonie se compare-t-il à Dernier Train pour Busan ?

Colonie et Dernier Train pour Busan partagent le même réalisateur, Yeon Sang-ho, mais leur approche du genre diffère. Dernier Train misait sur l’émotion pure et la course effrénée. Colonie prend le parti d’une intelligence collective chez les infectés, d’un Cinémascope ample et d’une mise en scène plus conceptuelle. Les deux films se tiennent à très haut niveau.

Peut-on faire de la figuration dans un film zombie coréen ?

La figuration dans les productions internationales, y compris coréennes tournant en Europe, requiert généralement une inscription auprès d’agences spécialisées et, selon la nature des scènes, une aptitude physique précise. Pour en savoir plus sur la figuration au cinéma en France, consultez Figurants.com.

Colonie n’est pas le film zombie parfait. Mais c’est le plus singulier de ces dernières années — celui qui rappelle que le genre, pour survivre, a besoin d’audace, de corps et de sens. Yeon Sang-ho l’a compris. Ses performers aussi.