Casting du film Street Fighter : la distribution de rêve de Jason Momoa et Andrew Koji
Seize combattants recrutés comme on débloque un personnage. L’adaptation Capcom de Legendary a offert l’un des plus beaux castings de l’année, pour un film qui divise.
Un écran noir, une grille de portraits, une musique de borne d’arcade. « Choose your fighter. » Pendant des mois, c’est par cet artifice, directement emprunté au jeu vidéo, que Legendary a tenu le monde en haleine : un visage dévoilé par semaine, comme on débloque un personnage. Le casting de cette adaptation est devenu un feuilleton à lui seul, bien avant la première image de combat.
Le pari était limpide. Prendre le roster le plus célèbre de l’histoire du jeu de baston et confier chaque case à une tête que le public reconnaît au premier coup d’œil. Un catcheur par ici, un rappeur par là, un champion d’arts martiaux mixtes, une star d’action venue de l’autre bout du monde. Sur le papier, la distribution avait tout d’un coup de maître de directeur de casting. Dans la salle, le 14 octobre, le verdict fut nettement plus âpre.
Choisis ton combattant : un casting pensé comme un écran de sélection
La trouvaille marketing disait déjà tout du projet. Plutôt qu’une affiche classique, le studio a reconstitué le fameux « character select » de Street Fighter II, cette grille de seize combattants que des millions d’adolescents ont connue par cœur. Chaque annonce d’acteur reprenait la police pixellisée, le drapeau du pays d’origine, le petit jingle. Le message était clair : ici, on ne distribue pas des rôles, on recrute des avatars.
Derrière la caméra, Legendary a confié le projet à Kitao Sakurai, réalisateur venu de la comédie trash et de l’école de The Eric André Show. Un choix qui, rétrospectivement, éclaire beaucoup de choses : le film assume une tonalité de parodie années 1990, esthétique fluo et clins d’œil appuyés. Le casting, lui, épouse cette logique de collectionneur. On coche les cases, on aligne les visages cultes, on laisse le spectateur faire le reste.
Des catcheurs, un rappeur, un champion d’UFC : la distribution au complet
Au centre du ring, deux valeurs sûres. Andrew Koji, révélé par la série Warrior, hérite de Ryu, l’ascète en gi blanc. Face à lui, Noah Centineo troque son image de gendre idéal Netflix contre le gant rouge de Ken Masters. Callina Liang complète le trio historique en Chun-Li, l’inspectrice aux cuisses d’acier.
Autour d’eux, le studio a ratissé bien au-delà du vivier habituel des comédiens. Jason Momoa s’est glissé dans la peau verte de Blanka. David Dastmalchian, second rôle précieux du cinéma américain, campe le grand méchant M. Bison. Les rings de catch ont fourni deux poids lourds : Cody Rhodes en Guile, la coupe militaire au carré, et Roman Reigns en Akuma. Le rappeur 50 Cent enfile les gants de Balrog. Le champion d’UFC Alexander Volkanovski fait ses débuts d’acteur. S’ajoutent Vidyut Jammwal en Dhalsim, le géant néerlandais Olivier Richters en Zangief, Mel Jarnson en Cammy, Hirooki Goto en E. Honda, le chanteur country Orville Peck en Vega et l’humoriste Andrew Schulz en Dan Hibiki.
Seize combattants, ou presque. C’est là que se niche la première leçon de casting de l’affaire : la tentation de tout prendre. Plutôt que de resserrer sur cinq ou six figures et de garder les autres pour une suite, la production a voulu caser le roster entier, quitte à réduire certains visages à une apparition le temps d’un plan.
Jason Momoa en Blanka, David Dastmalchian en Bison : le pari du physique
Choisir un acteur pour un personnage de jeu vidéo, c’est arbitrer en permanence entre deux fidélités. La fidélité au sprite d’origine, que le fan veut retrouver trait pour trait. Et la fidélité à la caméra, qui exige un comédien capable de porter une scène. Le casting de Street Fighter a presque toujours penché du côté du premier.
Jason Momoa en Blanka en est l’exemple le plus commenté. Le choix se tient sur le papier : physique hors norme, charisme animal, notoriété planétaire. À l’écran, le personnage finit en grande partie en images de synthèse, et la star disparaît sous les effets. Même logique pour 50 Cent, dont la silhouette de Balrog a surtout circulé en photo promotionnelle. Quant à David Dastmalchian, on tient là un vrai acteur de composition, précisément le genre de comédien qu’un directeur de casting rêve d’accrocher à un grand vilain. Encore faut-il lui écrire des scènes à la hauteur, ce que le film, visiblement, réserve à d’hypothétiques suites.
« Entre enthousiasme démesuré et déception totale, la critique comme le public semblent très partagés. » — AVCesar, 23 octobre 2026
Le reproche central n’est pas dans les noms, il est dans l’usage. Une distribution de rêve ne vaut que si la mise en scène lui donne un terrain. Un jeu de combat repose sur des affrontements lisibles, des techniques identifiables, des arènes qui changent de pays. Priver ce casting de vrais duels chorégraphiés, c’est exposer seize stars sans leur donner d’adversaire à la hauteur.
Quand le casting ne suffit pas : l’adaptation qui divise
Les chiffres, eux, ont souri au film. Street Fighter a pris la tête du box-office nord-américain à son premier week-end, avec un démarrage nettement supérieur à celui des précédentes adaptations Capcom. En France, la sortie du 14 octobre a lancé un beau premier round commercial. Le casting-spectacle a fait son travail de produit d’appel : on vient voir qui joue qui.
Reste que la réception artistique raconte une autre histoire. La presse spécialisée oscille entre fascination et agacement, et les fans de la première heure, ceux qui posaient des pièces sur la borne dans les années 1990, attendaient un tournoi planétaire qu’ils estiment ne pas avoir vu. Le film troque les stages mythiques contre un décor quasi unique, et les combats, quand ils surviennent, passent souvent par le numérique. La distribution de rêve se retrouve coincée dans un film qui n’a pas tranché entre l’hommage et la parodie.
C’est un paradoxe que connaissent bien les professionnels du plateau : un casting peut être juste et un film rater quand même. Le choix des interprètes est le premier geste de mise en scène, pas le dernier. On l’a vu récemment avec la distribution complète de Hunger Games 2026, où l’alchimie tenait autant à l’écriture qu’aux noms, ou avec la façon dont Wild Horse Nine a sacré ses seconds rôles en misant sur des comédiens de caractère plutôt que sur des têtes d’affiche.
Ce que ce casting dit du métier
Pour un lecteur de Figurants.com, l’affaire dépasse largement la sortie d’un blockbuster. Elle rappelle une mécanique de production. Réunir seize combattants reconnaissables, venus du catch, du rap, du sport de combat et du cinéma d’action, suppose un travail de repérage, de négociation et d’agenda qui occupe des équipes entières pendant des mois. Chaque case du « character select » est un contrat, une fenêtre de tournage, un cachet discuté pied à pied.
Et sous les stars, il y a tout le reste. Un film de tournoi, c’est d’abord une affaire de foule. Des gradins pleins, des spectateurs qui réagissent, des silhouettes de combattants en arrière-plan, des figurants qui donnent corps à l’arène. Street Fighter a justement été critiqué pour avoir trop souvent remplacé cette foule par du numérique, là où le genre vit de la présence physique. C’est exactement sur ce type de plateau, entre un rôle de figuration et une silhouette qui décroche parfois une réplique, que beaucoup de comédiens font leurs premières armes. La même logique vaut d’ailleurs pour le choix d’une interprète unique, comme l’illustrait le casting de la série Carrie, où mille cinq cents auditions avaient précédé une seule signature.
La suite se jouera sur la durée d’exploitation et sur l’envie, ou non, du studio de donner enfin à cette distribution les combats qu’elle mérite. Une chose est sûre : rarement un casting aura autant promis, et rarement un film aura eu autant de mal à honorer la promesse. L’écran de sélection, lui, reste l’un des plus beaux coups de communication de l’année. Le combat, désormais, est entre les mains des spectateurs.
Questions fréquentes sur le casting du film Street Fighter
Qui joue dans le casting du film Street Fighter 2026 ?
Andrew Koji incarne Ryu, Noah Centineo joue Ken Masters et Callina Liang campe Chun-Li. Autour d’eux, Jason Momoa est Blanka, David Dastmalchian joue M. Bison, Cody Rhodes devient Guile et 50 Cent enfile les gants de Balrog, au sein d’une distribution de seize combattants.
Pourquoi le casting de Street Fighter a-t-il autant fait parler ?
Parce que Legendary a dévoilé sa distribution sous la forme d’un écran de sélection de personnages, à la manière du jeu, en recrutant catcheurs, rappeur, chanteur country et champion d’arts martiaux sur un critère d’iconicité autant que de jeu d’acteur.
Qu’est-ce que le film Street Fighter 2026 raconte ?
Le film de Kitao Sakurai adapte le jeu de combat de Capcom autour d’un tournoi mondial opposant Ryu, Ken et une galerie de guerriers, sur fond d’esthétique années 1990 assumée entre hommage et parodie.
Quand le film Street Fighter est-il sorti en France ?
Le film est arrivé dans les salles françaises le 14 octobre 2026, distribué par Paramount pour le compte de Legendary, avant de prendre la tête du box-office nord-américain à son démarrage.
Le casting de Street Fighter aura-t-il une suite ?
Plusieurs choix d’écriture, à commencer par le traitement en retrait de M. Bison, laissent penser que la production garde des cartouches pour d’éventuelles suites, dont la concrétisation dépendra des résultats en salles.
@JOF
Source : critique Merej, « Street Fighter », octobre 2026.
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