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Faux castings : une arnaque aux photos dénudées cible des comédiennes en France

Faux castings : une arnaque aux photos dénudées cible des comédiennes en France

Publié le 2 mars 2026 — Figurants.com


Une alerte circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Des comédiennes ont été victimes d’un individu se faisant passer pour un professionnel de l’audiovisuel afin de leur extorquer des photos et vidéos dénudées, sous couvert d’un faux casting. L’affaire, relayée notamment par la directrice de casting Emilie Chaumat et plusieurs groupes professionnels sur Facebook, rappelle une réalité que le secteur connaît trop bien : les faux castings sont une menace permanente, et les réseaux sociaux en sont le terrain de chasse privilégié.

Ce que l’on sait de cette affaire

Selon les témoignages partagés en ligne, le mode opératoire est classique mais redoutablement efficace. Un individu usurpe l’identité d’un professionnel du cinéma ou de l’audiovisuel pour contacter des comédiennes, souvent via les réseaux sociaux ou par email. Sous prétexte d’un casting, il demande l’envoi de photos ou vidéos dénudées. Pour convaincre les plus réticentes, l’arnaqueur n’hésite pas à envoyer des vidéos intimes d’anciennes victimes — une technique de manipulation par l’intimidation destinée à normaliser la demande et à faire croire que « tout le monde le fait ».

Le message relayé par Emilie Chaumat, directrice de casting reconnue dans la profession (membre de l’ARDA, 16 ans d’expérience, filmographie incluant « Un Village Français », « Fais pas ci, fais pas ça », « Paris Police 1900 », « Mitterrand, confidentiel »), est sans ambiguïté : ce type de manipulation joue sur l’urgence, sur l’importance supposée du rôle, et s’appuie sur une fausse identité. La seule personne qui devrait avoir honte, précise-t-elle, c’est l’escroc à l’origine de l’arnaque.

Un phénomène ancien, une menace toujours actuelle

Les faux castings ne sont pas un phénomène nouveau. Ils existent depuis aussi longtemps que le cinéma lui-même, mais l’explosion des réseaux sociaux et des plateformes de mise en relation non vérifiées leur a donné une ampleur inédite. En 2022, France Info consacrait déjà un sujet aux arnaques au casting qui se multipliaient, documentant le cas d’une étudiante de 19 ans piégée après avoir répondu à une annonce de figuration en ligne.

Les méthodes varient, mais les objectifs restent les mêmes : soutirer de l’argent, collecter des données personnelles, ou obtenir des contenus intimes à des fins d’exploitation ou de chantage. L’arnaque au book photo payant, l’arnaque au chèque, le faux casting par Skype exigeant de se dévêtir — toutes ces variantes continuent de faire des victimes chaque année, en ciblant principalement des personnes qui débutent dans le milieu et ne connaissent pas encore les codes de la profession.

Les signaux d’alerte que tout aspirant figurant ou comédien doit connaître

Un vrai directeur de casting ou un vrai chargé de figuration ne vous demandera jamais de vous dénuder lors d’un premier contact, et encore moins par visioconférence ou par envoi de photos. Si un rôle implique de la nudité, cette information figure dans la description du poste et fait l’objet de discussions encadrées, souvent avec un coordinateur d’intimité — une fonction rendue obligatoire dans de nombreuses productions depuis l’avenant de mai 2024 à la convention collective de la production cinématographique.

Voici les signaux qui doivent immédiatement alerter :

Une prise de contact par un canal non professionnel (message privé sur Instagram, Facebook, WhatsApp) sans aucun cadre officiel. Des adresses email génériques (@gmail.com, @yahoo.fr) au lieu d’une adresse liée à une société de production identifiable. L’absence totale de références vérifiables : pas de site web, pas de présence sur l’IMDB, pas d’appartenance à l’ARDA (Association des Responsables de Distribution Artistique) ou à l’ACFDA (Association des Chargés de Figuration et Directeurs Artistiques). Une demande de photos intimes ou de vidéos en sous-vêtements, présentée comme un « prérequis » au casting. Des promesses de rémunération anormalement élevées pour de la figuration (les tarifs sont encadrés par la convention collective). Un sentiment d’urgence artificiellement créé : « il faut répondre ce soir », « le tournage est demain ».

Que faire si vous êtes victime ?

Le message relayé par les professionnels est clair : si vous avez été ciblée par ce type d’arnaque, ce n’est pas de votre faute. Ces individus sont des manipulateurs expérimentés qui exploitent le rêve et la confiance de personnes sincères.

Plusieurs recours existent. La cellule d’écoute d’Audiens, opérée par le groupe de protection sociale du même nom et mise en place en 2020 avec le soutien du ministère de la Culture, du CNC et des partenaires sociaux du spectacle, offre un accompagnement psychologique et juridique gratuit et confidentiel. Elle est joignable au 01 87 20 30 90 (du lundi au vendredi, 9h-13h et 14h-18h) ou par email à [email protected]. Son site dédié : www.violences-sexuelles-culture.org.

Les associations professionnelles de comédiens, notamment l’ADA (Association des Artistes) et l’AAFA (Association des Acteurs Français Associés), peuvent également apporter soutien et conseils.

Il est vivement recommandé de déposer plainte au commissariat. Comme le souligne le message qui circule actuellement, les victimes accompagnées par des professionnels ont été bien accueillies par les policiers. Il est conseillé de préciser le nom de l’arnaqueur dans la plainte afin que les dossiers soient regroupés. Plus le nombre de plaintes est important, plus le dossier pénal a du poids.

Pourquoi passer par une plateforme vérifiée change tout

C’est précisément dans ce contexte que le rôle d’une plateforme comme Figurants.com prend tout son sens. Depuis près de vingt ans, Figurants.com exerce un travail quotidien de vérification, de filtrage et d’enquête sur chaque annonce de casting avant sa publication. Ce travail de terrain, c’est ce qui distingue fondamentalement un service professionnel d’un groupe Facebook ou d’une page gratuite où n’importe qui peut publier n’importe quoi.

Concrètement, chaque annonce publiée sur Figurants.com fait l’objet d’une enquête approfondie : vérification de l’existence de la société de production, identification du directeur de casting ou du chargé de figuration, recoupement avec les projets réellement en préparation en France. La plateforme collabore depuis sa création avec le Casting Info Service (anciennement StopArnakCasting), la seule association en France dédiée spécifiquement à la lutte contre les arnaques aux castings.

En pratique, quand un membre de Figurants.com postule à une annonce, il sait que quelqu’un a déjà fait le travail de vérification en amont. Il n’a pas à se demander si la production existe vraiment, si l’adresse email est légitime, ou si le « directeur de casting » qui le contacte est réellement celui qu’il prétend être. Ce filtre humain, quotidien, est exactement ce qui manque sur les plateformes gratuites et les réseaux sociaux — là où les arnaqueurs opèrent précisément parce que personne ne vérifie rien.

L’abonnement à Figurants.com (avec une offre à 4,90 € par mois pour les demandeurs d’emploi et les intermittents) finance directement ce travail de vérification et d’enquête. C’est le prix de la sécurité dans un secteur où le coût d’une arnaque — financier, émotionnel, et parfois irréversible quand des contenus intimes se retrouvent sur internet — est incomparablement plus élevé.

Le cadre institutionnel se renforce, mais la vigilance individuelle reste indispensable

Il faut le reconnaître : les choses avancent. Depuis 2020, le plan d’action #LaCultureDitStop, porté par la FESAC et les organisations syndicales avec le soutien du ministère de la Culture, a structuré la lutte contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels dans le secteur du spectacle. Le CNC conditionne désormais ses aides au respect d’obligations de prévention des VHSS. La convention collective de la production cinématographique a été renforcée par un avenant dédié en mai 2024, incluant l’obligation de désigner un référent VHSS sur les tournages de fiction.

Mais ces dispositifs protègent les professionnels en situation de travail déclaré. Ils ne couvrent pas la phase en amont — celle où un aspirant comédien ou figurant, souvent non encore intégré dans le circuit professionnel, cherche ses premières opportunités et tombe sur une annonce frauduleuse sur Facebook ou Instagram. C’est exactement dans cet angle mort que les arnaqueurs prospèrent. Et c’est exactement dans cet angle mort que le travail de vérification d’une plateforme spécialisée constitue un rempart concret.

Ce qu’il faut retenir

Les faux castings ne sont pas une fatalité. Ils exploitent un manque d’information, un manque de vérification, et un accès non filtré aux aspirants du spectacle via les réseaux sociaux. Se protéger, c’est d’abord s’informer. C’est ensuite ne jamais répondre à une sollicitation qui n’émane pas d’un cadre professionnel identifiable et vérifiable. Et c’est enfin privilégier des plateformes qui font le travail de contrôle que les réseaux sociaux ne feront jamais.

Si vous avez été victime ou témoin d’un faux casting, n’hésitez pas à signaler l’annonce ou le profil frauduleux, à contacter la cellule Audiens VHSS, et à déposer plainte. Plus la parole se libère, plus les autorités disposent des éléments nécessaires pour agir.


Ressources utiles :

  • Cellule d’écoute Audiens VHSS : 01 87 20 30 90 — [email protected] — www.violences-sexuelles-culture.org
  • ARDA (Association des Responsables de Distribution Artistique) : www.assorda.com
  • ACFDA : répertoire des chargés de figuration professionnels
  • Groupe Facebook « Les Arnaques du Spectacle (Tv-Théâtre-Publicité-Mode-Cinéma-Photo-etc) »
  • Casting Info Service (partenaire historique de Figurants.com)

Figurants.com — Plateforme de casting vérifiée depuis 2009. Chaque annonce fait l’objet d’une enquête avant publication.