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Baltasar Kormákur place ses acteurs dans la vraie nature australienne — et leur demande de souffrir pour de vrai.
Elle saute. Cinq fois. Depuis une hauteur réelle, dans une rivière réelle, au cœur des Blue Mountains australiennes. Pas de câble de sécurité visible, pas de cut avant l’impact. Charlize Theron s’appelle Sasha dans APEX, mais sur ce plan-là, elle est simplement une femme qui tombe.
Voilà ce que ce casting dit avant tout : APEX n’a pas été construit autour d’un nom sur une affiche. Il a été construit autour d’un corps dans un paysage.
Le réflexe serait de placer Charlize Theron du côté du prédateur. C’est son registre naturel depuis vingt ans — Furiosa, Atomic Blonde, Cipher dans Fast & Furious. Une femme qui attaque, qui planifie, qui domine. Ici, Baltasar Kormákur lui demande l’inverse. Sasha grimpe seule dans la nature australienne, dévastée par un deuil récent, cherchant dans l’effort physique ce que la thérapie n’a pas su lui donner. Elle ne sait pas qu’elle est observée. Elle ne sait pas qu’un homme a décidé qu’elle serait sa prochaine proie.
Ce basculement de registre est l’intelligence centrale du film. Theron ne joue pas une victime passive — elle joue une femme compétente dont les compétences ne suffisent d’abord pas. La nuance est énorme. Elle force le spectateur à renoncer à ses habitudes de lecture, à ne plus attendre qu’elle « bascule » vers un mode guerrier attendu. Le film prend soin, longtemps, de ne pas lui offrir ce basculement.
En face, Taron Egerton investit Ben avec une inquiétante normalité. Pas de monstruosité affichée, pas de rictus. Un homme organisé, patient, presque courtois dans ses rituels de traque. Egerton, révélé par la franchise Kingsman dans des rôles de gentleman bagarreur, retourne ici son charme naturel contre lui-même. Ce sourire qui rassure ailleurs devient ici ce qui terrifie. Le directeur de casting n’a pas cherché l’ogre — il a cherché le voisin.
Eric Bana complète le trio dans le rôle de Tommy. Sa présence reste plus périphérique dans la mécanique du film, mais elle ancre la menace dans un registre de vraisemblance rurale — Bana, australien d’origine, connaît le territoire mieux que n’importe quel autre acteur du plateau.
Le réalisateur islandais a une obsession documentée : ses acteurs doivent habiter physiquement leurs rôles, pas les simuler. Sur Everest (2015), Jake Gyllenhaal et Jason Clarke s’étaient réellement entraînés en altitude. Sur Adrift (2018), Shailene Woodley avait appris à naviguer. Sur Beast (2022), Idris Elba avait travaillé avec des spécialistes de faune africaine.
Pour APEX, le même protocole s’est appliqué, avec une rigueur supplémentaire justifiée par le budget — 80 millions de dollars, ce qui en fait l’un des thrillers de survie les plus coûteux jamais produits pour une plateforme de streaming. À ce tarif, chaque plan doit tenir debout sans l’excuse du plateau vert.
Charlize Theron a donc grimpé. Vraiment. Les falaises des Blue Mountains en Nouvelle-Galles du Sud ne se traversent pas en chaussures de ville. Elle a travaillé avec des alpinistes confirmés pendant plusieurs semaines avant le début du tournage officiel, en février 2025. Pour les séquences en rapides — particulièrement exposées, car la rivière est réelle et le courant imprévisible — elle a été encadrée par River Mutton et Luuka Jones, deux kayakistes de niveau olympique recrutés spécifiquement pour la production.

CHARLIZE THERON · APEX (2026) · NETFLIX — Crédit : Netflix/Press Kit
Le tournage, initialement prévu à Yosemite, a été délocalisé en Australie pour des raisons logistiques et de protection environnementale du parc national américain. Ce changement de géographie a paradoxalement renforcé le film : les Blue Mountains offrent une étrangeté visuelle que les décors californiens auraient rendue trop familière pour le public international. Quelques séquences additionnelles ont également été tournées dans le comté de Møre og Romsdal, en Norvège — pour les flashbacks hivernaux de Sasha, dont le deuil trouve une résonance particulière dans ces paysages nordiques.
Le chiffre circule depuis la bande-annonce. 80 millions de dollars pour un film sans franchise, sans univers partagé, sans super-héros. Juste deux acteurs, une forêt et une question de survie. Sur Rotten Tomatoes, 66 % des critiques approuvent le résultat — pas un triomphe, mais une validation solide pour un pari de cette ampleur.
La division critique est intéressante à décortiquer. Ceux qui résistent au film lui reprochent une construction trop mécanique, un duel dont l’issue ne surprend jamais vraiment. Ceux qui l’approuvent saluent exactement ce qu’on pourrait appeler son honnêteté formelle : APEX ne prétend pas être autre chose qu’un thriller d’action bien tenu, avec des acteurs qui transpirent pour de vrai et un réalisateur qui comprend ce que la géographie fait à la dramaturgie.
« Ce film n’est pas un défi à l’intelligence. C’est un défi au corps. Et les deux ne s’excluent pas. »
Les thrillers de survie à gros budget comme APEX génèrent peu de figuration au sens classique du terme — pas de foule, pas de figurants de ville. La nature est le décor, et la nature ne se peuple pas. Mais ils alimentent une demande croissante pour un autre profil : les figurants spécialisés. Grimpeurs, nageurs, pratiquants de sports de plein air capables d’intégrer un plateau sans formation longue, de se fondre dans des scènes d’action semi-documentées.
En France, les grandes productions Netflix ne tournent pas systématiquement sur le territoire national, mais leurs équipes de casting drainent un vivier européen pour certains rôles. Les comédiens et figurants qui cultivent une double compétence — technique de jeu et pratique sportive réelle — se positionnent sur un segment en croissance nette.
Pour ceux qui veulent comprendre comment intégrer ce vivier, la rubrique figuration cinéma de Figurants.com recense les annonces actives en France, classées par type de profil recherché. On y retrouve régulièrement des appels pour des productions internationales tournant en Europe, y compris pour des thrillers d’action où la crédibilité physique est un critère de sélection explicite.
Il est utile de rapprocher ce film de deux autres exemples récents analysés ici : Avengers Doomsday, qui démontre la politique de Marvel en matière de noms connus pour ancrer la confiance du spectateur, et le biopic Michael Jackson, qui illustre au contraire le pari sur l’inconnu. APEX se situe entre les deux : des têtes d’affiche reconnues, mais mobilisées dans un registre physique qu’elles n’avaient pas encore pleinement exploré.
Il reste une question que le film laisse en suspens et que le casting ne résout pas entièrement. Charlize Theron a 50 ans au moment du tournage. Elle est l’une des rares actrices de sa génération à avoir maintenu une activité physique de haut niveau dans ses rôles, sans jamais en faire un argument marketing vieillissant. APEX ne parle pas de son âge — et c’est précisément pour ça que le film tient.
La prochaine Sasha sera peut-être plus jeune. Peut-être moins connue. Elle grimpera dans les Blue Mountains ou ailleurs, avec des kayakistes olympiques en guise de partenaires de tournage, pour un budget que personne n’aurait imaginé consacrer à ce type de récit il y a dix ans. Et quelqu’un, dans un bureau de casting, aura décidé que son corps dans ce paysage était plus convaincant que n’importe quel nom sur une affiche.
C’est cela, le vrai pari de cette production. Pas un tableau de noms. Un choix de corps dans l’espace.
Charlize Theron tient le rôle principal de Sasha, une grimpeuse traversant un deuil. Taron Egerton incarne Ben, le chasseur qui en fait sa proie. Eric Bana complète le trio dans le rôle de Tommy. Le film est réalisé par Baltasar Kormákur et écrit par Jeremy Robbins.
Parce que Theron, habituellement du côté des prédatrices, se retrouve ici dans le rôle de la proie. Ce contre-emploi partiel, associé à une performance physique documentée (escalade réelle, cascades en rapides), a déconcerté une partie de la critique avant de la convaincre de la cohérence du projet.
Le tournage principal s’est déroulé dans les Blue Mountains en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) et aux Disney Studios Australia. Quelques séquences ont également été tournées dans le comté de Møre og Romsdal, en Norvège. Le projet était initialement prévu à Yosemite avant d’être délocalisé pour des raisons environnementales.
Oui, pour la grande majorité des séquences physiques. Elle a travaillé avec les kayakistes olympiques River Mutton et Luuka Jones pour les scènes en rapides, et a elle-même sauté d’une hauteur réelle dans une rivière à cinq reprises lors du tournage.
APEX illustre la montée en puissance des profils de figurants à compétence physique spécialisée dans les productions de survie. En France, les annonces de figuration cinéma reflètent cette demande croissante pour des profils alliant technique de jeu et pratique sportive réelle.
@JOF
Source : critique Merej, YouTube, 27 avril 2026. Données IMDb, Rotten Tomatoes, Netflix Tudum.
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