Milly Alcock Supergirl film 2026 : le DCU invente une Kara que Clark ne sera jamais
Un flop commercial de 125 millions de dollars. La meilleure heroine du nouveau DCU. Ces deux phrases parlent du meme film.
Il faut parfois perdre cent vingt-cinq millions de dollars pour trouver le bon personnage. Supergirl: Woman of Tomorrow, sorti le 26 juin 2026 dans des salles a moitie vides, est ce genre de long-metrage : un naufrage commercial qui cache, dans ses ruines, la meilleure heroine que le DCU de James Gunn ait produite a ce jour. Le film a trouve sur Netflix l’audience que les salles lui ont refusee. Reste a comprendre pourquoi ce casting precis, avec ces acteurs precis, rate le coeur des masses tout en touchant juste.
Craig Gillespie face au poids d’un symbole
Il y a une incongruite dans le choix de Craig Gillespie pour ce projet. L’Australien, connu pour I, Tonya et Cruella, est un specialiste des portraits de femmes en rupture avec leur epoque, des personnages que la societe range dans une case et qui cassent la boite. Sur le papier, rien de plus coherent avec Supergirl: Woman of Tomorrow, le roman graphique de Tom King qui dessine une Kara Zor-El abrasive, fatiguee de vivre dans l’ombre de son cousin.
Le probleme : Gillespie recupère aussi dix ans de Melissa Benoist dans les jambes. La serie televisee Supergirl (2015-2021) a construit une base de fans fideaux et une definition tres precise de ce que Kara peut ou ne peut pas etre. Remplacer Benoist par une Australienne de vingt-quatre ans au passe Targaryen, c’est prendre le risque de perdre ceux qui aimaient l’ancienne version sans necessairement convaincre les nouveaux venus.
Gillespie assume le risque. Il choisit une structure de western cosmique — road trip galactique, planetes hostiles, codes du genre tres apparents — la ou les spectateurs attendaient peut-etre un film de super-heros urbain. Ce choix de forme explique en partie le desaveu du box-office. Il explique aussi pourquoi le long-metrage tient la route a la seconde vision, depuis un canape.
Milly Alcock : de Rhaenyra Targaryen a Kara Zor-El
La decision de James Gunn etait simple dans sa logique, ambitieuse dans son pari. Il regardait House of the Dragon quand il a su. La jeune Rhaenyra Targaryen qu’incarne Milly Alcock dans la saison 1 de la serie HBO porte quelque chose de rare : une rage tranquille, une facon de tenir son corps comme si le monde entier lui devait quelque chose mais qu’elle ne daignerait pas le reclamer. C’est precisement l’energie de la Kara de Tom King.
Le resultat a l’ecran est une Kara Zor-El qu’on n’a jamais vue. Pas la lycenne enthousiaste de la serie, pas la protegeee de Superman du comics classique. Une jeune femme qui vit sur son vaisseau comme dans une chambre d’etudiante negligee, qui traine ses pouvoirs comme un heritage encombrant, qui n’a pas choisi d’etre une heroine et que ca arrange parfaitement.
« Je n’ai pas mes pouvoirs ici. »
Cette replique, delivree sans affolement, presque avec soulagement, dit tout de l’interpretation choisie par Alcock. L’accent est une question a part entiere : ni americain ni australien, le parler de Kara la place dans un territoire sans appartenance precise, une fille de Krypton qui n’appartient nulle part et qui n’a pas a le justifier.
A l’image de David Jonsson dans En Sursis, Alcock choisit ici un jeu de rupture plutot que de continuite : on ne vient pas chercher la performance attendue, on cherche ce que le personnage revele de neuf quand un autre acteur le prend en charge.
Eve Ridley et Matthias Schoenaerts : l’axe moral du film
Sans Ruthye, pas de film. Eve Ridley, jeune actrice britannique quasi inconnue au moment du tournage, porte le contrepoids dramatique de toute l’aventure. Son personnage — une adolescente dont le pere, faiseur d’epees, a ete assassine par Krem, et qui cherche a venger ce meurtre au prix de sa vie — est la vraie protagoniste du recit tel que Tom King l’a concu. Kara est vue a travers ses yeux, et cette mediation change tout : on decouvre Supergirl comme on decouvrirait n’importe quel etranger, avec mefiance d’abord, avec admiration ensuite.
« Je t’offre l’epee de famille, forgee par les mains de mon pere. »
La solennite archaique de la replique, dans un film de science-fiction cosmique, souligne a quel point Gillespie et King jouent sur les codes du recit de vengeance western plus que sur le spectacle de super-heros. En face, Matthias Schoenaerts en Krem apporte ce que peu d’acteurs hollywoodiens savent faire : une menace ordinaire. Le Belge, revele par De Rouille et d’Os de Jacques Audiard, n’est pas un super-vilain en costume. Il est un homme brutal et mediocre que les circonstances ont rendu dangereux.
Pour comprendre a quel point le DCU construit ses mechants dans une logique de miroir avec ses heros, la serie Lanterns avec Kyle Chandler et Aaron Pierre suit exactement la meme logique narrative : des heros sans certitude morale, des adversaires sans grandeur theatrale.
Jason Momoa en Lobo : la metamorphose post-Aquaman
Le cas Jason Momoa merite une attention particuliere. Dans l’ancien DCEU, il incarnait Arthur Curry / Aquaman depuis 2016 : un roi des mers barré et sympathique, calibre pour les familles. Dans ce film DCU, il revient sous les traits de Lobo, le chasseur de primes intergalactique le plus brutal du catalogue DC Comics. Une figure excedentaire, sans morale, que les scenaristes utilisent depuis quarante ans comme repoussoir jouissif.
La transition est radicale. Momoa apporte a Lobo une energie demoniaque que son role precedent ne lui permettait pas d’explorer. Sa presence dans le film — furtive, volontairement excentree — devient l’un des moments les plus memorables de la production. Son apparition finale, le regard d’un pere-demon fier malgre tout, vaut mieux que n’importe quel combat climax. Cette reaffectation de stars vers de nouveaux roles est une strategie deliberee de James Gunn : capitaliser sur la reconnaissance des acteurs sans etre prisonnier de leurs personnages precedents. Le meme principe guide Kit Connor dans le casting X-Men MCU 2026 : des visages connus dans des roles inattendus, pour creer la surprise la ou l’audience croyait avoir deja ses reperes.
Netflix et la seconde vie d’un naufrage
Le film a perdu cent vingt-cinq millions de dollars. C’est Deadline qui l’ecrit, et le chiffre est brutal. Mais un flop au box-office n’est plus la fin de l’histoire depuis que le streaming a reecrit les regles de l’exposition. Supergirl: Woman of Tomorrow arrive sur Netflix comme d’autres films Warner y arrivent : par necessite financiere, puis par serendipite.
Ce que le long-metrage reussit mieux que presque n’importe quel autre film de super-heros de ces dernieres annees, c’est de separer Kara de Clark. Pas en en faisant une version feminine de Superman, mais en en faisant une personne dont les choix moraux different fondamentalement de ceux de son cousin. Il y a une scene vers la fin du film ou Kara agit d’une maniere que Superman n’aurait jamais approuvee.
« C’est pour ce que tu lui as fait, a cette petite fille. »
Une replique simple. Une decision radicale. Et soudain on comprend que le DCU vient peut-etre de trouver son heroine la plus interessante dans un film que tout le monde avait deja oublie.
Pourquoi Milly Alcock a-t-elle ete choisie pour jouer Supergirl dans le film DCU ?
James Gunn a repere Milly Alcock dans House of the Dragon ou elle incarnait la jeune Rhaenyra Targaryen. Son intensite, son cote punk rock et sa capacite a jouer une heroine en rupture avec les codes etablis ont convaincu le co-directeur des DC Studios de la choisir pour incarner Kara Zor-El dans le second film du nouveau DCU.
Qu’est-ce que Supergirl Woman of Tomorrow raconte comme histoire ?
Adapte du roman graphique de Tom King, le film suit Kara Zor-El qui aide une jeune fille nommee Ruthye a traquer l’assassin de son pere, Krem, a travers plusieurs planetes. Privee de ses pouvoirs sous un soleil vert, Kara doit survivre avec ses seules ressources humaines dans un western cosmique peu conventionnel pour le genre super-heros.
Qui joue Lobo dans le film Supergirl 2026 ?
Jason Momoa incarne Lobo, le chasseur de primes intergalactique, dans une apparition remarquee du film. Ancien Aquaman du DCEU, Momoa change radicalement de registre pour ce personnage iconique, brutal et sans morale, qui est l’une des figures les plus populaires du catalogue DC Comics depuis les annees 1980.
Le film Supergirl est-il disponible sur Netflix en France ?
Oui, Supergirl: Woman of Tomorrow est disponible sur Netflix apres son exploitation en salles qui s’est achevee en perte seche estimee a 125 millions de dollars. La plateforme offre au film une seconde vie et un public plus large que son passage en salle ne le laissait esperer.
Quelle est la note du film Supergirl 2026 sur Rotten Tomatoes ?
Supergirl: Woman of Tomorrow affiche environ 55% de critiques favorables sur Rotten Tomatoes, avec un score public nettement plus eleve autour de 77%. Cet ecart entre presse et spectateurs est caracteristique des films de genre ambitieux qui jouent contre les attentes du cahier des charges habituel.
La Supergirl de Milly Alcock ne sera peut-etre jamais un phenomene de masse. Mais elle existe, entiere et contradictoire, dans un film que Netflix ressuscite et que CinemaSins disseque aujourd’hui. C’est deja beaucoup plus que ce que la plupart des super-heroines en cape auront jamais.
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