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L’Exorciste : Martyrs, le pari de Scarlett Johansson chez Mike Flanagan

Une détective, une église ensanglantée, une troupe hollywoodienne au grand complet : anatomie du film d’horreur le plus attendu de 2027.

FIGURANTS.COM · 19 OCTOBRE 2026 · CINÉMA

Une église. Des corps disposés comme une mise en scène. Et, sur les lèvres de ceux qui ont tenu le couteau, toujours la même phrase : le diable les y a poussés. La première bande-annonce ne s’ouvre pas sur une chambre d’enfant ni sur un lit qui tremble. Elle s’ouvre sur une scène de crime, et cette inversion dit tout du pari que représente le casting Exorciste Martyrs, le projet le plus attendu de Mike Flanagan.

Au centre du cadre, une femme qui regarde ces cadavres sans vouloir croire ce qu’elle voit. Scarlett Johansson incarne Julie Miller, une détective new-yorkaise qui a mis la main, treize ans plus tôt, sur un tueur en série satanique surnommé le Père Dimanche. Un nouveau meurtre rouvre le dossier, et avec lui une question qu’elle refuse d’entendre : et si les coupables disaient la vérité.

Une scène de crime, pas une chambre d’enfant

La plupart des films de possession suivent la même partition. Un enfant change. Les médecins renoncent. Un prêtre finit par franchir la porte. On connaît la mélodie par cœur, et c’est précisément ce que Mike Flanagan a décidé de contourner. Ici, le point de départ est un flic, un décompte de victimes et un motif qui se répète. La nuance, c’est que Julie a déjà vu ce motif. Elle a déjà gagné ce combat une fois.

Le ressort est malin parce qu’il installe le public dans la peau du sceptique. Une enquêtrice travaille avec des preuves, des mobiles, des aveux. Elle est entraînée à entendre un suspect invoquer le diable et à y lire une défense d’irresponsabilité, une manœuvre d’avocat. Puis la certitude se fissure. Chaque nouveau cadavre rend l’explication rationnelle un peu plus difficile à tenir. L’horreur ne surgit pas d’un démon maquillé : elle monte du doute, lentement, comme une marée.

Cette structure n’est pas une trahison de la saga. Elle en est une mémoire. William Peter Blatty, créateur de cet univers, avait déjà écrit un roman policier d’exorcisme avec Legion, porté à l’écran sous le titre L’Exorciste III en 1990. Un lieutenant, des meurtres rituels à Georgetown, une piste qui glisse du criminel vers le surnaturel : le gène du polar métaphysique dort dans la franchise depuis plus de trente ans. On retrouve cette même logique de classique remis sur le métier du côté de Crystal Lake, autre monument de l’horreur rappelé à la vie.

Scarlett Johansson en tête d’une distribution hollywoodienne

Il faut mesurer ce que représente une telle distribution pour un film d’horreur. Scarlett Johansson en rôle-titre, c’est déjà un signal : une star planétaire qui porte un thriller de possession sur ses épaules, loin du blockbuster de super-héros. Autour d’elle, Flanagan a réuni une troupe que les habitués de son cinéma reconnaîtront, mêlée à des poids lourds venus d’ailleurs.

La distribution aligne Chiwetel Ejiofor, Laurence Fishburne, Diane Lane, John Leguizamo, Sasha Calle, Carla Gugino, Hamish Linklater et le jeune Jacob Jupe. Flanagan a dévoilé la bande-annonce au Comic Con de New York aux côtés d’Ejiofor, signe que le studio mise sur ce duo pour incarner le film. Des rumeurs prêtent à Ejiofor un rôle d’ancien détenu devenu prêtre, et font du personnage de Johansson la mère de celui de Jupe. Universal n’a rien confirmé, et c’est très bien ainsi : l’intrigue reste verrouillée, à rebours d’une époque où les bandes-annonces racontent la fin avant la sortie.

Pour un plateau, un tel générique veut aussi dire des scènes de foule, des silhouettes d’église, des figurants de commissariat et de scène de crime, tout un hors-champ humain que ce genre de production fait vivre. C’est le versant invisible du casting, celui que connaissent bien les comédiens qui débutent par la figuration. Un film d’ensemble de cette ampleur, c’est autant de visages à l’arrière-plan qui donnent corps à la peur.

Le film le plus effrayant que j’aie jamais réalisé. Il devait être effrayant jusqu’à la moelle.

Pourquoi Flanagan était l’homme de la situation

Peu de réalisateurs étaient aussi légitimes pour cette mission. Midnight Mass, sa série en sept épisodes, reste sans doute le regard le plus sérieux porté sur le catholicisme par l’horreur grand public depuis le premier Exorciste de 1973. Flanagan parle la langue de la foi sans la caricaturer. Dans ses récits, ce que les gens croient façonne leur souffrance autant que leur survie, et la croyance n’est jamais un simple ressort de scénario.

Il maîtrise aussi une arme rare : la peur patiente. The Haunting of Hill House, Doctor Sleep ou Jessie font confiance au spectateur pour rester assis dans l’inconfort avant que la frayeur ne frappe. Or une enquête est lente par nature. On rassemble des indices, on interroge, on retourne sur les lieux. Chacun de ces temps morts devient, entre ses mains, un cran de tension supplémentaire avant que le film ne montre enfin son visage surnaturel.

Son attachement à la saga n’a rien de stratégique. En 2024, il confiait que L’Exorciste était l’une des raisons pour lesquelles il avait voulu faire du cinéma. Au point de renoncer à réaliser Clayface pour DC Studios, faute de calendrier compatible : ce chantier est finalement revenu à James Watkins pendant que Flanagan protégeait le sien.

New York, Believer et une franchise à 400 millions à sauver

Derrière le film plane une somme vertigineuse. En 2021, Universal a déboursé environ 400 millions de dollars pour les droits de L’Exorciste, avec l’idée d’une nouvelle trilogie. Le premier chapitre, L’Exorciste : Believer de David Gordon Green, misait en 2023 sur la nostalgie et le retour d’Ellen Burstyn. Résultat : un échec critique et commercial, une suite baptisée Deceiver rayée du calendrier, et un réalisateur qui quitte le navire.

Martyrs n’est donc pas une suite de Believer. Flanagan est reparti d’une page blanche, sans avoir à justifier les choix du film précédent. Ce retour du gothique et du religieux au premier plan, la télévision l’avait déjà amorcé avec American Horror Story et son grand retour des sorcières. Le tournage, lui, s’est tenu à New York au printemps 2026 et s’est achevé en juin.

La sortie a connu un parcours sinueux : annoncée pour avril 2025, puis mars 2026, elle a glissé parce que le cinéaste tenait d’abord à terminer sa série Carrie pour Prime Video. Le rendez-vous est désormais fixé au 12 mars 2027, chez Universal, avec Blumhouse, Atomic Monster, Morgan Creek et Red Room Pictures à la production. Dans une franchise qui s’est brûlé les ailes à vouloir recycler ses icônes, ce soin ressemble à la meilleure assurance-vie possible. On peut suivre les prochains castings et tournages de cette ampleur sur notre page figuration cinéma, qui recense les productions qui recrutent.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que L’Exorciste Martyrs ?

C’est le nouveau long-métrage de la saga L’Exorciste, écrit et réalisé par Mike Flanagan, avec Scarlett Johansson dans le rôle d’une détective confrontée à des meurtres rituels. Universal le distribue le 12 mars 2027.

Pourquoi ce film mise-t-il sur une enquête policière ?

Parce que Flanagan place le public du côté du sceptique. L’enquête fait douter avant de faire peur, et le surnaturel ne s’impose qu’une fois la logique à bout de souffle.

Qui fait partie de la distribution ?

Scarlett Johansson, Chiwetel Ejiofor, Laurence Fishburne, Diane Lane, John Leguizamo, Sasha Calle, Carla Gugino, Hamish Linklater et Jacob Jupe, autour de fidèles de la troupe du réalisateur. Un film d’ensemble qui mobilise aussi beaucoup de figuration.

Quel lien avec les anciens Exorciste ?

Martyrs repart de zéro, sans continuité avec L’Exorciste : Believer de 2023. Il renoue en revanche avec l’esprit de L’Exorciste III, le polar surnaturel signé William Peter Blatty en 1990.

Quand et où a eu lieu le tournage ?

À New York, au printemps 2026, jusqu’en juin. La sortie en salles est fixée au 12 mars 2027 après plusieurs reports.

Reste une seule inconnue, et elle vaut tous les suspenses : au bout de l’enquête de Julie Miller, y a-t-il un démon, un homme brisé, ou quelque chose qui refuse de choisir. Personne n’a vendu la mèche. Pour une franchise qui parlait depuis trop longtemps pour les mauvaises raisons, ce silence-là ressemble déjà à une promesse.

BANDE-ANNONCE OFFICIELLE