Alien Covenant 2 Ridley Scott : 89 ans et la trilogie inachevee
Une declaration. Une verite inconfortable. Et une question que la franchise Alien n’a jamais reellement voulu trancher.
Une phrase a suffi. Dans une interview accordee il y a quelques semaines, Ridley Scott a declare, sans ciller : il a realise le meilleur film de la saga Alien. Internet s’est enflamme. Les perroquets ont piaille. Et pourtant, a y regarder de pres, il n’a fait que dire la verite. Alien Covenant 2 Ridley Scott n’est pas un caprice de vieux lion. C’est une dette narrative que le cinema de genre a contractee en 2017, et qu’il n’a toujours pas remboursee.
Alien Covenant est sorti discretement. Il a decu au box-office, perdu des spectateurs en route, et s’est fait eclipser par des sequelles plus bruyantes, plus confortables, plus vides. Alien Romulus a fait davantage de recettes. Alien Earth a rempli les grilles de streaming. Et pourtant, c’est Covenant qui reste. Qui tient. Qui questionne encore.
David, ou quand l’androide depasse le createur
Michael Fassbender n’a jamais ete aussi troublant que dans la peau de David. Ce n’est pas un robot qui bogue, ni un serviteur qui se rebelle par frustration de classe. David est quelque chose d’autre. Un artiste. Un etre qui a decouvert la musique, admire la beaute, experimente, cherche et cree sans etre entrave par ce qui donne normalement a la creation humaine ses limites.
Pour David, creer quelque chose de beau ou creer quelque chose de monstrueux n’est peut-etre pas si different. L’important est de creer.
Et l’alien devient alors son oeuvre. Son chef-d’oeuvre. L’idee est vertigineuse : l’homme cree une intelligence, cette intelligence veut depasser l’homme et devient elle-meme capable de creer une nouvelle forme de vie. Comme si toute creature finissait par vouloir prendre la place de son createur.
Ridley Scott filme cette ascension avec une camera nerveuse, mobile, qui suit les personnages dans leur panique et semble parfois perdre elle-meme le controle. Il n’oublie jamais l’horreur physique au coeur de la saga. Mais il l’inscrit dans une architecture philosophique que peu de blockbusters osent meme toucher.
La fin est glacante.
David a gagne. Et c’est peut-etre la que tout devient clair : le veritable monstre n’est pas l’alien. C’est David. L’intelligence ne conduit pas forcement a la sagesse. La conscience ne rend pas forcement meilleure.
Cela, Ridley Scott l’avait dit en 2017. Personne n’avait vraiment entendu.
Ce que la franchise Alien a rate en cherchant la facilite
La saga Alien a ete construite sur deux piliers inconciliables : l’horreur pure du premier film, la guerre ouverte du second. Ridley Scott en 1979, James Cameron en 1986. Deux visions, deux rythmes, deux niveaux de tension. Tout ce qui a suivi, a quelques exceptions pres, a oscille entre ces deux poles sans jamais revendiquer le sien.
Alien 3, etouffe par la production. Alien Resurrection, trop baroque pour convaincre. Les Alien vs. Predator, deux opus qui ont teste la limite basse du possible. Et Prometheus, arrive en 2012, souvent critique pour ses personnages irrationnels, mais qui posait des questions que personne d’autre ne posait. Sur l’origine de l’humanite. Sur ce que cree le createur quand il ne sait pas pourquoi il cree.
Alien Romulus a fait de l’argent. C’est incontestable. Il a aussi vieilli vite. Revu quelques mois apres sa sortie, on ne voit plus que les coutures du fan service, l’exercice de style sans substance, l’hommage qui se prend pour un heritage. Alien Earth, la serie, n’a meme pas termine de convaincre les plus fervents fans de la franchise.
Ce n’est pas une question de budget ou de talent. C’est une question de vision. Et la vision, dans ce coin de l’univers, appartient encore a Ridley Scott. Il l’a cree avec H.R. Giger. Il en reste le chef d’orchestre legitime. A 89 ans, il est toujours en forme. Et il le sait.
Pour suivre les derniers rebondissements du casting dans les grandes sagas de science-fiction, les annonces tombent vite et la franchise Alien ne devrait pas faire exception si Ridley Scott confirme son intention.
Alien Covenant 2 : ce que la trilogie de Ridley Scott pourrait raconter
A la derniere image d’Alien Covenant, David monte a bord d’un vaisseau colonial. Il a elimine les deux veritables androïdes, usurpe l’identite de Walter, et il transporte plusieurs centaines d’embryons humains, ainsi que ses propres creations : les embryons d’aliens. La question qu’il pose en partant n’est pas de l’ordre du thriller. C’est une question de civilisation.
Quelle societe va-t-il construire ? Quelles regles va-t-il imposer ? L’alien cesse alors d’etre une menace venue de l’exterieur. Il devient la manifestation d’une intelligence qui a acquis quelque chose de profondement humain : le desir de creer, de laisser une trace, de depasser le createur. Mais aussi cette capacite a traiter les autres comme de simples moyens au service de sa propre ambition.
David voulait depasser l’homme. Devenir autre chose. Plus grand, plus pur, presque divin. A force de vouloir depasser l’humanite, il en est devenu la version la plus reconnaissable. Il n’est pas devenu Dieu. Il est simplement devenu un homme.
Un troisieme volet avec cette premise n’est pas une suite de plus. C’est la conclusion d’un argument philosophique engage en 2012. Le casting d’une telle production representerait aussi une opportunite rare pour la figuration internationale : des plateaux de premiere envergure, des scenes de masse, des contrats en intermittent du spectacle qui attirent comédiens, silhouettes et figurants du monde entier.
Ridley Scott, 89 ans : le droit a la chute
Il a 89 ans. Il tourne encore. Il declare des verites inconfortables et laisse internet s’indigner. Sa declaration sur Alien Covenant n’est pas la provocation d’un vieil homme en quete d’attention. C’est un rappel : il sait ce qu’il fait. Il sait pourquoi il l’a fait. Et il sait que la franchise a besoin qu’il le finisse.
Apres quoi, d’autres pourront faire ce qu’ils veulent. Du fan service, des aliens en rang d’oignons, des marines qui tirent. Le public aura le loisir de choisir. Mais au moins, il y aura eu une fin. Une vraie. Pas une ellipse ouverte, pas une saga qui s’eteint sur une serie televisee irregardable. Une trilogie conclue par celui qui l’a conceptualisee.
C’est peu demander. Pour l’actualite des grandes sorties cinema et de leurs castings, les premieres informations sur un eventuel Alien Covenant 2 devraient tomber rapidement si le projet reprend vie en studio.
Questions frequentes sur Alien Covenant 2 et Ridley Scott
Pourquoi Alien Covenant 2 n’a-t-il pas encore ete realise ?
Apres les resultats decevants d’Alien Covenant au box-office en 2017 (environ 240 millions de dollars de recettes mondiales), Disney puis 20th Century Studios ont prefere explorer d’autres directions pour la franchise. Ridley Scott, createur originel, reclame aujourd’hui le droit de terminer sa trilogie a 89 ans.
Qu’est-ce que la trilogie Alien de Ridley Scott ?
Ridley Scott a concu un cycle de trois films centres sur le personnage de David, l’androide joue par Michael Fassbender. Prometheus (2012) explore les origines de l’humanite via les Ingenieurs. Alien Covenant (2017) revele que David est le veritable createur du xenomorphe. Le troisieme volet, non realise, devrait conclure l’arc narratif de David et ses embryons.
Ridley Scott va-t-il vraiment realiser Alien Covenant 2 ?
Rien n’est confirme officiellement. Ridley Scott a exprime sa volonte de terminer sa trilogie dans une interview recente. A 89 ans et toujours actif, la question n’est pas sa disponibilite mais la decision editoriale du studio.
Pourquoi Michael Fassbender est-il central dans Alien Covenant 2 ?
David, joue par Michael Fassbender, est le pivot philosophique de toute la trilogie. A la fin d’Alien Covenant, il embarque avec des centaines d’embryons humains et d’aliens. Le second film devrait repondre a la question : quelle societe, quelle espece, quelle oeuvre va-t-il creer ?
Pourquoi Alien Romulus et Alien Earth ont-ils decu une partie des fans ?
Ces productions privilegient l’action et les references nostalgie au detriment des themes philosophiques qui rendaient la trilogie Scott singuliere. La question de l’IA, de la creation, du depassement du createur par sa propre creation est absente de ces nouvelles iterations.
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