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Casting Forgotten Island : H.E.R., Dave Franco et Liza Soberano portent le pari DreamWorks

Le premier film d’animation d’un studio hollywoodien majeur sur la culture philippine — et un casting vocal qui dit exactement ce que le mot “représentation” devrait signifier.

FIGURANTS.COM · 2 OCTOBRE 2026 · CINÉMA – CASTING

Forgotten Island 2026 - Casting DreamWorks Animation

Forgotten Island (2026) — Réal. Joel Crawford & Januel P. Mercado — DreamWorks Animation / Universal Pictures

Quelque part dans l’animation hollywoodienne, un espace manquait depuis trop longtemps. Pas celui des univers fantastiques ni des bandes-son triomphantes — ces cases-là sont remplies depuis Toy Story. Un espace culturel précis, qui n’avait jamais été occupé par aucun studio majeur malgré des décennies de productions. Forgotten Island, signé DreamWorks Animation et distribué par Universal Pictures, vient d’ouvrir cette brèche avec un casting qui mérite d’être décortiqué ligne par ligne.

Le film sort en France le 16 octobre 2026. Deux meilleurs amis, Jo et Raissa, se retrouvent piégés sur Nikali, un monde mystique où leur seul moyen de fuir pourrait leur coûter l’intégralité de leurs souvenirs partagés. La mécanique narrative est simple, presque classique. Ce qui ne l’est pas, c’est tout le reste — à commencer par les visages et les voix qui portent cette histoire.


Premier studio hollywoodien à plonger dans la culture philippine

La formulation de Chris Stuckmann est franche et dit l’essentiel :

« Forgotten Island is significant in that it is probably the first major Hollywood studio to do an animated film about Filipino culture. »

En 2026, après des décennies d’animation dominée par des récits pan-culturels consensuels, DreamWorks prend un pari qui aurait dû être pris bien plus tôt.

Les réalisateurs, Joel Crawford et Januel P. Mercado, avaient déjà signé Puss in Boots: The Last Wish — film unanimement salué pour avoir réinventé l’esthétique de l’animation 3D américaine. Ils arrivent ici avec une intention claire : ne pas faire un film de représentation symbolique, mais un film pleinement habité, où le regard philippin structure la caméra, le mouvement et le temps. Mercado, lui-même d’origine philippine, n’est pas un prétexte de communication — il est co-architecte du film.

Le résultat est visible jusque dans les choix de lentille, ou du moins leur simulation numérique. Crawford et Mercado utilisent des grands angles au milieu de scènes de dialogue ordinaires — pas uniquement pour les séquences d’action, mais pour des moments de complicité banale entre deux adolescentes. Cela crée une sensation de proximité physique, d’immersion, presque documentaire. Dans un film entièrement calculé par des algorithmes, maintenir cette impression de main humaine est une performance technique autant qu’artistique.


Un casting vocal d’une précision redoutable

Le casting de Forgotten Island est l’un des plus intelligemment construits de l’animation américaine récente. Ce n’est pas la liste de noms qui impressionne — c’est la cohérence du projet derrière chaque choix.

H.E.R. (Gabriella Sarmiento Wilson, artiste R&B multi-récompensée, d’origine filipine et espagnole) prête sa voix à Jo, l’une des deux protagonistes. La décision n’est pas symbolique. H.E.R. est musicienne avant d’être actrice vocale, et les registres d’émotion qu’elle déploie dans un enregistrement sonore correspondent exactement à ce que demande un personnage d’animation — nuance, texture, densité dans le silence. Son timbre est reconnaissable sans être envahissant.

Liza Soberano, star philippine de cinéma et de télévision, joue Raissa. Son intégration dans le casting est un signal fort envoyé à l’industrie entière : pour un film sur la culture philippine, il fallait une voix ancrée dans cette réalité, pas un proxy hollywoodien de bonne volonté. Ce type de choix — voir aussi notre analyse du casting Wolverine MCU et la logique d’incarnation — redéfinit ce que “représentation” signifie réellement dans une production grand public.

Jenny Slate (Batiba), Manny Jacinto (Bungi), Dolly de Leon et Jo Koy complètent une distribution qui articule la diaspora philippine et l’industrie américaine avec un naturel désarmant. Chaque voix trouve sa place sans empiéter sur les autres — ce qui est, en doublage, un signe de direction artistique sérieuse.


Dave Franco : la révélation inattendue

Dans un casting aussi précisément équilibré, il est remarquable que ce soit Dave Franco — qui joue Raww, personnage extérieur à la culture philippine — qui émerge comme la révélation vocale du film. Stuckmann ne mâche pas ses mots :

« A standout for me was Dave Franco. He brings so much energy to his performance. I could picture him in the booth with his neck veins just bulging, flexing every single muscle in his body to get this performance out of him. »

Ce qui est en jeu dans ce commentaire dépasse l’anecdote. Dave Franco, connu pour ses rôles en prises de vue réelles (The Disaster Artist, Now You See Me), appartient à une génération d’acteurs pour qui l’incarnation physique est centrale. L’adapter à un médium qui ne laisse que la voix opérer exigeait une redistribution totale de l’énergie. Retirer le corps, redoubler la voix. Il y réussit complètement.

C’est aussi un signe de ce que DreamWorks construit avec ce film : une adresse à un public adulte-jeune qui a grandi avec ces acteurs et qui attend d’un film d’animation qu’il soit traité avec le même soin qu’un long-métrage classique. Forgotten Island ne joue pas petit. Il joue juste — ce qui est plus difficile.


Entre Samurai Jack et les animes : une esthétique duale

L’une des singularités les plus frappantes de Forgotten Island est son langage visuel — qui oscille entre deux influences peu conciliables en apparence, et les assume toutes les deux sans complexe.

Du côté occidental, Samurai Jack — la série de Genndy Tartakovsky — est directement citée dans les séquences d’action : coupes sèches, changements de ratio d’image, plans figés de grande précision.

« Sometimes in the action scenes the aspect ratio will change. It’ll get wider and start to crush and you’ll get like these really dynamic images. Very Samurai Jack. »

Du côté asiatique, une esthétique anime reconnaissable dans les poses, les expressions exagérées, la vitesse des échanges.

Le film s’assume comme un objet hybride : américain et japonais, ancré dans la culture philippine mais visuellement polyglotte. Ce mélange peut déstabiliser — Stuckmann note lui-même que le rythme peut parfois sembler overwhelming. Mais c’est précisément ce qui distingue Forgotten Island des productions normatives. Pour les projets qui construisent leur identité sur le croisement des influences — comme le fait la Clone Saga Spider-Man du côté des séries Marvel —, cette hybridité n’est pas un défaut de cohérence. C’est une déclaration d’intention.


Ce que Forgotten Island dit sur l’animation de demain

Forgotten Island n’est pas le meilleur film d’animation de l’année. Stuckmann lui-même le dit : il n’atteint pas les sommets de The Last Wish, dont le méchant reste l’un des plus aboutis de l’histoire récente du genre. Ce serait un faux départ que de le lire comme une tentative de rivaliser avec ce film-là.

Ce qui compte, c’est ce que Forgotten Island inaugure. L’animation hollywoodienne comprend — tardivement — que l’universalité ne passe pas par la neutralité culturelle mais par la profondeur. Coco, Encanto, et désormais Forgotten Island tracent une ligne directe : les films qui ancrent leur récit dans une culture précise touchent plus juste que ceux qui visent à ne blesser aucune sensibilité par prudence.

Le casting ici est le reflet de cette ambition. Il ne dit pas “voici un film pour tout le monde”. Il dit “voici un film fait par des gens qui savent de quoi ils parlent, et vous êtes invités à entrer.” Pour ceux qui suivent cette évolution du casting comme marqueur d’identité artistique, il est utile de comparer avec d’autres projets récents : Primetime de Robert Pattinson chez A24 ou Cliff Booth confié à David Fincher dessinent, sur un terrain différent, la même logique — des castings pensés en termes d’identité plutôt que de seule bankabilité.


FAQ — Casting Forgotten Island 2026

Qui sont les acteurs du casting de Forgotten Island ?

Le casting de Forgotten Island réunit H.E.R. (Jo), Liza Soberano (Raissa), Dave Franco (Raww), Jenny Slate (Batiba), Manny Jacinto (Bungi), Dolly de Leon et Jo Koy. Les réalisateurs sont Joel Crawford et Januel P. Mercado, déjà derrière Puss in Boots: The Last Wish.

Pourquoi Dave Franco a-t-il été choisi pour Forgotten Island ?

Dave Franco apporte une énergie vocale exceptionnellement physique à son personnage Raww. Sa performance témoigne d’une capacité rare à transférer l’intensité du jeu d’acteur vers le seul canal de la voix — une exigence propre à l’animation que peu de comédiens issus du cinéma live maîtrisent d’emblée.

Qu’est-ce que Forgotten Island raconte exactement ?

Le film suit deux meilleures amies piégées sur Nikali, un monde mystique, où leur seul moyen de fuir pourrait leur coûter l’ensemble de leurs souvenirs partagés. Un récit sur l’amitié, la mémoire et l’identité, porté par DreamWorks Animation et distribué par Universal Pictures.

Forgotten Island est-il le premier film animé sur la culture philippine ?

Oui, selon la critique spécialisée. Forgotten Island est le premier grand film d’animation d’un studio hollywoodien majeur à s’ancrer dans la culture philippine, avec un casting incluant Liza Soberano, Dolly de Leon et Jo Koy.

Quand sort Forgotten Island en France ?

Forgotten Island sort en salles en France le 16 octobre 2026. Le film était déjà disponible aux États-Unis depuis le 25 septembre 2026.