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Hope (2026) : Na Hong-jin invente son propre genre et HoYeon tient la ligne

Le réalisateur de The Wailing signe son retour fracassant avec un film de monstre coréen qui refuse de choisir son genre. Critique.

FIGURANTS.COM  ·  14 SEPTEMBRE 2026  ·  CINÉMA CRITIQUES

Une vache morte dans un champ. Pas de trace, pas de prédateur connu, pas d’explication. C’est par cette image déceptive, presque absurde, que Hope installe son angoisse. Le reste du film ne cherchera jamais vraiment à rassurer. Na Hong-jin signe ici son grand retour derrière la caméra après dix ans de silence relatif. Dix ans depuis The Wailing (2016), thriller surnaturel qui avait soufflé sur les festivals comme une tornade venue d’Asie. Hope, sorti en 2026 et déjà classé parmi les films coréens les plus commentés de l’année, renoue avec cette promesse : le cinéma de genre coréen ne ressemble à aucun autre.

Na Hong-jin, dix ans de silence avant la tempête

Il y a des cinéastes dont on attend chaque film comme un événement météorologique. Na Hong-jin est de ceux-là. Après The Chaser (2008) et The Yellow Sea (2010), son registre s’était imposé : une violence sèche, des personnages ordinaires happés par l’extraordinaire, une caméra qui ne recule jamais. The Wailing avait poussé cette logique jusqu’à son bout mystique, mêlant possession démoniaque et enquête policière dans un village isolé.

Hope reprend ce territoire familier : le village fermé sur lui-même, la menace qui vient du dehors. Mais cette fois, la menace est littéralement physique, gigantesque, et elle détruit des voitures comme on froisse du papier. Comme le formule la critique internationale : « This is a South Korean horror action sci-fi. We flip genres a few times in this movie. » Et pour l’essentiel, ça fonctionne.

Le projet Hope est aussi, pour le casting cinéma international, le signal que la Corée du Sud continue de tracer sa propre voie. Là où Hollywood recycle ses franchises, Na Hong-jin construit une oeuvre inclassable.


HoYeon, de Squid Game à une ville en sursis

On ne présente plus HoYeon. Révélée dans Squid Game saison 1, propulsée au rang de star mondiale par ce rôle de joueuse implacable au numéro 067, l’actrice et mannequin coréenne n’est pas le personnage principal de Hope. Elle est pourtant sur l’affiche. Ce choix dit quelque chose du statut de l’actrice, et du calcul du film.

Son rôle est celui d’un second plan marquant, une présence qui ancre le film dans la modernité du cinéma coréen connecté au monde. Choisir une actrice reconnue mondialement pour un second rôle amplifie la portée d’un film local vers le marché international. Exactement comme certaines productions européennes font appel à des têtes d’affiche pour assurer une visibilité globale, ainsi qu’on l’a vu dans des projets récents comme Onslaught avec Adria Arjona et Dan Stevens.

Le personnage principal, lui, est joué par Hwang Jun Min, acteur coréen confirmé, qui porte sur ses épaules ce policier envoyé enquêter sur une mort de bétail et qui se retrouve au coeur d’une apocalypse à échelle humaine.


Le monstre invisible, leçon de tension venue de Corée

La grande réussite formelle de Hope tient dans ses vingt premières minutes. On ne voit pas la créature. On voit ses traces, sa destruction, la terreur dans les yeux de ceux qui l’ont aperçue. La critique anglophone résume la chose avec précision :

« I was amazed that for the first act or so of this film, you don’t see whatever this is. This dude is constantly in the wake of destruction of whatever’s tearing this town apart. »

La référence convoquée naturellement est Cloverfield (2008). Na Hong-jin, lui, n’en fait pas une contrainte absolue. Quand la créature apparaît enfin, c’est une autre tension qui s’installe : celle d’une créature numérique dont le rendu n’est pas toujours à la hauteur du reste. Le film l’assume, ou plutôt ne s’en préoccupe pas. Ce qui compte, c’est le souffle, la continuité de l’action, les personnages qu’on a appris à reconnaître dans les ruelles de ce village qui ressemble à une petite ville de Stephen King transposée en Asie du Nord-Est.


Quand le film déraille, et assume de dérailler

Hope dure 2h40. C’est beaucoup, et le film le sait. Il y a des séquences où l’on sent que Na Hong-jin aurait pu couper trente minutes sans rien perdre d’essentiel. Certains fils narratifs restent ouverts, pas par volonté artistique délibérée, mais par inachèvement. La fin, elle, surprend par son audace formelle et ses cameos d’acteurs occidentaux reconnaissables, intégrés dans une scène finale qui semble appartenir à un autre film.

Le cinéma coréen a toujours aimé les bifurcations de genre en milieu de récit. Hope les pratique avec une liberté déconcertante. La critique internationale le formule sans détour : « You hop genres, but I feel like you hopped scripts as well. » C’est peut-être le reproche le plus honnête qu’on puisse lui adresser. Paradoxalement, c’est cette irrégularité qui rend le film attachant. Il ne calcule pas sa gloire. Il fonce.


Un casting pensé pour le marché mondial

La stratégie de Hope rappelle d’autres grandes productions asiatiques récentes, comme le Godzilla Minus Zero japonais qui avait su combiner ancrage local et ambition mondiale. Ici, le principe est le même : Hwang Jun Min pour la crédibilité coréenne, HoYeon pour le rayonnement international.

Hope illustre une réalité de plateau que connaissent bien les professionnels du casting : les productions coréennes de grande envergure ont aujourd’hui des équipes capables d’opérer à l’international. Les figurants, les silhouettes, les acteurs de complément sont recrutés dans plusieurs pays selon les besoins de la production. C’est un marché du travail cinématographique désormais pleinement mondialisé.

Un film de genre impur, débordant, excessif par instants, mais porté par une énergie que peu de productions mondiales savent encore générer. Na Hong-jin est de retour. Et il n’a pas appris la sagesse.


FAQ : Hope film coréen 2026

Pourquoi voir Hope ?

Hope marque le grand retour de Na Hong-jin après dix ans de silence. Le réalisateur de The Wailing livre un film hybride mêlant horreur, action et science-fiction avec une maîtrise formelle rare, portée par HoYeon et Hwang Jun Min.

Qu’est-ce que Hope (2026) raconte exactement ?

Hope suit un policier d’une petite ville coréenne qui découvre qu’une créature inconnue ravage la région. Mêlant horreur, thriller et action débridée, le film joue sur l’invisibilité du monstre pour maintenir une tension constante, dans la tradition du cinéma de creature-feature coréen.

HoYeon est-elle la personnage principale de Hope ?

Non. HoYeon, révélée dans Squid Game saison 1, apparaît dans un second rôle remarqué et figure sur l’affiche du film. Le personnage principal est joué par Hwang Jun Min.

Le film Hope sortira-t-il en France ?

Hope est disponible sur les plateformes de streaming mondiales en 2026. La distribution en salle française reste à confirmer à date de publication.

Na Hong-jin a-t-il réalisé d’autres films connus ?

Na Hong-jin est le réalisateur de The Wailing (2016), The Yellow Sea (2010) et The Chaser (2008), tous salués comme des références absolues du cinéma de genre coréen.